Manon Letassey

Itinéraire

Dans le cadre de mes études à Sciences Po Rennes, j’ai été formée à la posture « d’intermédiaire » dans le dialogue pour les projets environnementaux. J’avais l’intuition que si les êtres humains ne se respectaient pas entre eux, ils ne verraient pas de raison à respecter la nature. Je voyais deux stratégies pour répondre à ce problème : la première, de travailler directement en lien avec la nature et l’écologie, la seconde, de travailler sur l’écologie humaine. J’ai choisi de contribuer à cette seconde voie. La concertation fait partie de cette coopération entre les humains au sens large.

J’ai réalisé mon alternance dans une organisation sur la biodiversité. S’il y avait une volonté sincère de développer la participation sur les sujets environnementaux, la manière de procéder n’était pas en adéquation. C’est là que j’ai observé pour la première fois que tout est question de posture et qu’il n’est pas évident d’en changer ni de « lâcher prise ».

Depuis, j’ai eu envie de creuser cette question et d’aider les personnes qui adhèrent « idéologiquement » à la participation mais qui ne savent pas comment s’y prendre. Les décideurs souffrent souvent d’une image négative mais peuvent être aussi en difficulté. C’est pourquoi, dans mon activité, je cherche à « prendre soin des décideurs ». Aujourd’hui, beaucoup de listes candidates aux élections municipales qui s’inscrivent dans cette mouvance ont été élues : j’ai envie de les aider à faire leurs choix et à travailler leur posture.

Pour répondre au mieux à ces problématiques, je me forme en Communication Non Violente, et en gouvernance partagée avec l’université du Nous. Selon moi, il est aussi important de mettre en adéquation un fonctionnement plus horizontal en interne avant de travailler avec d’autres en externe. La question transversale est « comment faire ensemble ? »

Message

Pour dialoguer, il me semble très important de sortir des préjugés, des idées préconçues sur les autres, sur certains publics. La catégorisation des publics conduit à une stratégie du pointage de doigt qui est délétère pour le débat dans la société en général. Il y a besoin de mettre de côté ce que notre mental nous raconte et d’avoir suffisamment de curiosité pour vraiment écouter ce que dit l’autre et son histoire. Ce n’est pas facile, mais c’est un effort fondamental à faire dans beaucoup de situations. Aujourd’hui, nous sommes dans un fonctionnement très cloisonné dont il y a besoin de sortir. La concertation nous invite à repenser ces « cases » avec un regard neuf.

Enfin, la question de la posture avant les outils est pour moi essentielle ! Car malgré la volonté authentique de changer les pratiques et de tendre vers plus d’horizontalité, la transition peut être très délicate. En effet, si le discours et les pratiques ne sont pas congruents, cela peut nuire au projet et à la confiance mutuelle.