Sofia Aliamet

Itinéraire

Je suis diplômée de l’IEP d’Aix-en-Provence dans le domaine des relations internationales et européennes. J’ai commencé à travailler dans l’aide au développement, qui était mon domaine d’activité initial. Puis j’ai eu l’opportunité de rejoindre Eclectic Experience et j’ai découvert par ce biais le champ de la démocratie participative. Alors que cela constitue un sujet important au niveau politique et sociétal, je n’avais pas du tout entendu parler de débat public et de participation pendant mes études de science politique et j’ai été surprise de découvrir la diversité des procédures existantes.

Depuis 2013, je suis donc chargée de concertation : je mène des missions de conseil et de formation auprès des collectivités territoriales et parfois des maîtres d’ouvrage, ainsi que de conception et d’animation de dispositifs participatifs présentiels ou numériques. Au départ, nous étions principalement centrés sur la participation numérique, j’ai moi-même un fort intérêt pour la participation en ligne – une spécificité dans le milieu de la participation-. J’anime notamment des outils pour la CNDP (réseaux sociaux, plateforme, forums, questions/réponses).
Pour moi, les réseaux sociaux offrent la possibilité de chercher des publics là où ils se trouvent, et sont un formidable moyen de s’exprimer, de débattre, de délibérer et de s’organiser, comme l’illustre le mouvement des Gilets jaunes. Sans en attendre des miracles, ils peuvent être mis au service du débat, à condition d’être animés. Comme d’autres outils, on peut choisir « d’éditorialiser » les réseaux sociaux, et de construire une démarche participative en suivant plusieurs étapes.
Je suis sensible à la diversification des outils participatifs car, contrairement à la perception de certains porteurs de projets, il n’y a pas d’outil magique, tout est question de contextes, de publics, et d’enjeux.

La variété des publics, des objets et des sujets fait que l’on se renouvelle et que l’on apprend en permanence dans notre métier. C’est très enrichissant de découvrir des sujets techniques ou territorialisés (éolien en mer, équipement sportif, transports, etc). La pratique m’a fait aussi évoluer d’un point de vue personnel, en réalisant la complexité des postures et jeux d’acteurs. On apprend beaucoup sur les relations humaines et la façon dont évolue la société.

Message

A l’heure de l’accroissement de la défiance des citoyens à l’égard des décideurs, il semble primordial d’instaurer un cadre de confiance dans les processus participatifs. Cela passe par :
- La mise en place de moments de débat propres à certains enjeux et l’articulation de différents dispositifs dans une démarche globale pour répondre à toutes les attentes du public ;
- Une meilleure prise en compte de l’expression des citoyens : les choix politiques qui ne tiennent pas toujours compte de la matière produite engendrent une grande frustration et de la défiance chez les citoyens, mais aussi chez les praticiens.

Comment instaurer la confiance et faire que la concertation soit suivie d’effets ? Malheureusement cela ne relève pas de nous, praticiens, qui avons peu de prise sur la décision, mais nous devrions chercher à gagner en visibilité afin que notre métier ne soit pas remis en cause.
Depuis le Grand débat national, j’ai constaté une nette hausse des messages de citoyens critiques à l’égard des processus participatifs: « Votre débat ne sert à rien ! A quoi ça sert de faire participer les gens s’ils ne sont pas écoutés ? » En effet, si le Grand débat a permis de faire connaître la démocratie participative, il est difficile de se prononcer sur ce que cela a produit politiquement.