Les enjeux de la concertation et de la participation citoyenne dans les politiques de mobilité et de transport

Les mobilités sont aujourd’hui au cœur des transformations territoriales et impactent directement le quotidien des citoyens. Selon un sondage de l’institut Terram et Project tempo sur les attentes et les priorités des électeurs dans la visée des élections municipales 2026, 29 % des sondés déclarent que la circulation et le stationnement font partie des enjeux principaux de la prochaine mandature et 23 % citent le développement des transports en commun. Les politiques d’aménagement urbain doivent donc prendre en compte ces attentes des citoyens en matière de mobilités. 

Dans le contexte de développement/diversification des modes de mobilités, et dans le cadre de tensions électorales liées aux transports (accessibilité, travaux et attractivité commerciale, place de la voiture en ville, stationnement), la concertation et la participation citoyenne sont essentielles pour construire des politiques de mobilité efficaces et durables.

Une transformation des politiques de mobilité

La mobilité est un sujet qui à trait aux modes de vie et implique des changements concrets dans les choix et les habitudes de déplacement. Ces transformations touchent à des dimensions sensibles : les usages individuels, l’organisation et le maillage du territoire en axes et infrastructures de transports, les contraintes personnelles et professionnelles. Il est donc important de s’assurer de l’efficacité optimale des aménagements, notamment dans le cas des transports en commun : dessertes, fréquences, cohabitation, le moins de nuisances possibles … La participation des habitants doit aussi accompagner une transition systémique vers des mobilités quotidiennes moins carbonées, en incitant les usagers à prendre l’habitude de se diriger vers les transports en commun ou les mobilités douces si possible, sans créer de nouvelles nuisances et des conflits d’usages. 

Sans adhésion des usagers, les politiques liées aux mobilités peuvent susciter de l’incompréhension, voire du rejet et du conflit. Cependant, dans le cadre d’une méfiance croissante envers les institutions, la participation n’est pas un outil supposé renforcer l’acceptabilité des projets déjà définis. Elle doit servir en amont et en aval des projets, ainsi que pendant la durée de mise en œuvre à mieux comprendre les besoins réels des habitants/usagers En effet, les citoyens sont les premiers experts de leurs déplacements : leur implication permet d’ identifier des freins concrets (horaires, sécurité, accessibilité), ajuster les projets aux réalités locales, pour finalement consolider la démocratie locale et la qualité des décisions.

Comment faire participer sur ces sujets ?

La participation citoyenne prend aujourd’hui des formes variées : ateliers participatifs et démarches de co-construction, budgets participatifs dédiés à la mobilité, focus groupes avec des populations spécifiques vulnérables (personnes en situation de handicap, personnes précaires, habitants des zones périphériques.).  Elle peut dépasser les approches formelles pour engager réellement les citoyens dans la co-construction des solutions : l’exemple de la Convention citoyenne pour le tram Nord à Strasbourg  le montre bien, en ayant intégré un panel de citoyen pour contribuer à l’élaboration du projet (Voir exemple plus bas).

Ressources

Le Cerema remarque plusieurs défis pour la participation citoyenne dans les projets de transports et de mobilités. Le premier étant socio-économique car elle n’est pas toujours inclusive et représentative (socialement, territorialement, usagers). La participation revêt également un défi géographique : Les transports dépassent les frontières : il est plus complexe de mettre en place de la participation citoyenne dans des projets à échelle interterritoriale. Enfin, un défi technique: la concertation en phase avant-projet (légalement facultative) est encore trop faible, affectée par la difficultés technique à appréhender les questions techniques. 

Respublica rappelle les enjeux communs du développement de la mobilité et de la participation associé à celui-ci : la justice spatiale et la justice sociale.

L’Université Paris-Nanterre et le Forum des mobilités actives propose un rappel sur les questions de mobilités en ville, suivi de recommandations pour mieux impliquer les citoyens dans la conception de projets de mobilité (stratégie et technique).

La participation de publics spécifiques est un enjeu : ici, le projet Mobiscol (pour favoriser l’écomobilité des jeunes) propose une boîte à outils pour la participation des jeunes, afin de les autonomiser, et de les éduquer à des modes de mobilités actifs/ décarbonés.

Consultation citoyenne du CESE sur la mobilité durable et inclusive dans les zones rurales

La Convention citoyenne sur le Tram Nord

La Convention citoyenne sur le Tram Nord a réuni 100 citoyens, tirés au sort et représentatifs de la population de l’Eurométropole de Strasbourg, pour travailler pendant 6 sessions de travail sur le tracé d’une nouvelle ligne de tramway visant à mieux relier les quartiers prioritaires de la ville (QPV) du nord de l’agglomération au centre-ville de Strasbourg. Après auditions de différents acteurs, visites sur site et débats, les participants ont pu proposer un tracé préférentiel tout en discutant des conditions de réussite, l’insertion du tramway sur un espace urbain restreint et l’impact sur le reste du réseau de transport et l’aménagement de la ville.

Autre exemple, du Conseil de développement de la Métropole du Grand Lyon.