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Les parcours

4. Lien à la décision, suivi et évaluation

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Comment organiser la prise de décision ?

Rendre compte

Rendre compte, c’est produire un bilan de la concertation, destiné aux participants ou à des tiers (le grand public, les médias, des institutions…). C’est généralement l’affaire de l’initiateur de la concertation. C’est une démarche qui est réglementairement obligatoire dans certaines situations et hautement recommandable dans toutes les autres.

Ce que dit la loi

La législation n’oblige pas à évaluer la concertation, mais elle peut, dans certaines conditions, obliger à en rendre compte :

  • La réalisation d’un bilan de la concertation préalable à l’enquête publique doit être joint au dossier d’enquête publique (article L.300-2 du Code de l’urbanisme et article L.123-12 du Code de l’environnement)
  • La publication d’une synthèse des observations du public avec mention de celles « dont il a été tenu compte » est nécessaire lors de toute consultation du public (loi du 27 décembre 2012, article L120-1 du Code de l’environnement)
  • le respect a posteriori des engagements pris à la suite des concertations, notamment vis-à-vis des riverains, est inscrit dans les bilans LOTI.
  • À la fin des débats publics organisés par la Commission nationale du débat public, il est nécessaire d’établir un bilan du débat, tout comme dans les cas de concertations recommandées ou de concertations post-débat public.

Compilation et synthèse

Nous recommandons, dans l’optique de rendre compte d’une concertation :

1) de compiler, dans un fichier numérique ou sur support papier, l’ensemble des documents relatifs à la concertation pour constituer un « Dossier de la concertation » le plus exhaustif et fidèle possible, constitué par exemple :
– d’une mise à plat du processus de concertation (objectifs, dispositif mis en place, sujets abordés, calendrier, lieu et date des réunions, nombre de participants, etc.)
– d’un bilan qualitatif (arguments échangés, climat et évolution des échanges, points d’accord et de désaccord, recommandations ou propositions, suites à donner)
– le cas échéant, de la ou des décisions prises (qui doivent être publiées séparément) ou du calendrier décisionnel.

Et en annexe :
– les études et expertises qui auront été mobilisées lors de la concertation (études de contexte, synthèse des entretiens préalables, études techniques, etc.)
– les comptes-rendus des réunions (réunions publiques, ateliers, réunions de Comité de pilotage, etc.) éventuellement anonymisés
– les documents d’information diffusés, les communiqués de presse et éventuellement de coupures de presse
– des photos et vidéos illustrant la concertation
– le cas échéant, le (les) rapport(s) des tiers-garants ou d’évaluateurs,
– le cas échéant, la charte établie au début de la concertation
– etc.

Ce dossier peut être transmis aux partenaires institutionnels, tenu à disposition de ceux qui en feront la demande et/ou être téléchargeable sur le site de la concertation. Il peut être inclus dans le dossier de l’enquête publique (dans certains cas, il doit l’être). Il peut servir de base à la rédaction du document suivant.

2) De rédiger un document synthétique de quelques pages, appelé par exemple « Bilan de la concertation » qui sera plus activement diffusé (il peut être notamment envoyé à tous les participants). Ce bilan peut faire état du déroulement de la concertation, de ses acquis, de ses limites, des suites qui seront données. Il permet de remercier les participants et de les informer des étapes suivantes. Il peut être soumis aux participants et validé ou amendé par eux. Qu’il soit collectif ou rédigé par un organisme, ses auteurs doivent être clairement identifiés (exemple: «La concertation sur… : bilan de la Communauté de Communes de…»).

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Évaluer et capitaliser

L’évaluation va plus loin que le fait de rendre compte, elle permet d’émettre un jugement et de porter le regard sur certains points spécifiques. Les démarches d’évaluation de la concertation sont relativement nouvelles et font encore l’objet de recherches et de tâtonnements.

Quoi évaluer ?

L’ICPC suggère cinq critères d’évaluation de la concertation :

  • L’efficacité : le rapport entre les réalisations et les objectifs initiaux
  • L’efficience : le rapport entre les réalisations et les moyens engagés
  • La pertinence : le rapport entre les objectifs et les besoins
  • La cohérence : le rapport entre les objectifs et les moyens mis en œuvre
  • L’utilité : le rapport entre les résultats obtenus et les besoins

On peut évaluer ses effets sur le projet, sur la décision, sur les acteurs, leurs pratiques, leurs relations, leurs projets… Évaluer ces effets (y compris les effets imprévus) n’est pas toujours facile mais des méthodes existent (voir le document ci-après).

Pourquoi évaluer ?

Il est possible d’évaluer en continu pour réajuster le processus de concertation (diffusion de questionnaires d’évaluation aux participants, entretiens ciblés, etc.). Il est également utile d’évaluer pour tirer un bilan en faire progresser collectivement les participants. Plusieurs chercheurs ont en effet montré que les processus de concertation sont des « espaces d’apprentissage » et que, sur un même territoire, ces acteurs les remobilisent pour progresser au cours de diverses concertations successives. Enfin, évaluer contribue à renforcer la transparence et à resserrer les liens entre les partenaires.

Capitaliser

La capitalisation permet à des organismes ou des réseaux pour qui la concertation constitue un exercice récurrent, de consolider des apprentissages et de garder la mémoire de ses expériences. Elle peut prendre plusieurs formes :

  • l’archivage de documents et leur mise à disposition pour le personnel en charge de la concertation (modèle de rapports, de documents, de courriers, etc.) si possible accompagné de commentaires ou de suggestions pour les personnes en charge des concertations suivantes.
  • les retours d’expériences (Rex ou Retex), généralement sous forme de témoignages des personnes en charge de la concertation et destinés à aider leurs collègues.
  • des réunions de capitalisation (debriefing en cours de processus ou ex post) au sein des équipes concernées (animateurs, chefs de projets, élus ou dirigeants…) afin de tirer collectivement des enseignements d’une expérience.

Pour aller plus loin

ICPC – Institut de la concertation et de la participation citoyenne. L’évaluation de la participation, principes et recommandations. 2022. Ce document a été élaboré collectivement par des spécialistes de l’évaluation de politiques publiques et par des praticiens. Vous y trouverez des conseils méthodologiques, des références bibliographiques et de nombreux exemples. Voir le document.

Suite : Le dialogue des savoirs