Focus jeux participatifs

🎲 Jeu de plateau, de cartes, serious game, jeu de rôles… Sous toutes ses formes, le jeu est un outil d’intelligence collective pour l’idéation et la co-création, qui permet aux citoyens et citoyennes de partager leurs idées et d’échanger à leurs sujets.

Cadré et contextualisé, il devient un réel dispositif pédagogique, tant pour la formation précédent des éléments théoriques, que pour l’aide à la décision. Le ou la participant ·e y fait l’expérience à une échelle miniature de la prise de décision dans le domaine des politiques publiques.

Dispositif de concertation varié et créatif, le jeu sert à faire participer en équipe, avec des repères visuels et d’aller chercher des idées innovantes de manière plus inclusive. Il s’impose comme un outil vivant, souvent animé pour un petit groupe, au sein duquel les échanges et remarques font évoluer les réflexions, jusqu’à imaginer de nouveaux modes de citoyenneté. En cela, le jeu s’affirme comme un véritable outil d’intelligence collective et de mobilisation des citoyens.

Dans des instances de concertation ou de démarches ponctuelles, il permet de recueillir des propositions spontanées (lors de budgets participatifs, d’aménagements urbains … ), de faire valoir une certaine « expertise d’usage » des citoyens pour faire des propositions au plus près de leurs besoins, tout en se mettant dans la peau d’un joueur agissant pour l’intérêt public. L’utilisation de persona dans le cadre de jeux de rôle permet réellement de décentrer son regard et de faire des propositions pour l’intérêt général.

La participation citoyenne est un enjeu majeur pour renforcer la démocratie locale et impliquer les citoyens dans les décisions qui les concernent. Pourtant, cet engagement peut être freiné souvent en raison d’un manque d’informations sur le sujet

Les outils ludiques permettent d’atteindre certains publics, par exemple les personnes qui ne sont pas à l’aise pour formuler leurs pensées via des formes plus excluantes d’expression comme l’écrit, ou les enfants, qui n’ont pas les notions techniques, mais restent des publics des politiques publiques. Malgré son aspect ludique, le jeu a de vrais effets sur la montée en compétences des participant·es sur les éléments techniques, le fonctionnement des collectivités et les compétences des établissements publics.

Finalement, le meilleur indicateur pour montrer que le jeu est un outil participatif, c’est la diversité des domaines qu’il traverse. Pour les professionnel·les, il permet de saisir des sujets et de s’y acculturer de manière ludique.

Citons par exemple la journée de formation Climat et transition écologique qu’ont suivi les agent·es de la Ville et de la Métropole et du CCAS de Montpellier. Pensée pour favoriser le partage d’un socle de connaissances et engager une réflexion collective, la formation s’appuie sur des outils pédagogiques et jeux conçus en interne, développés avec le soutien de l’ADEME : Les participant·es ont participé à des ateliers « Comment réduire ses émissions de gaz à effet de serre ? », animés grâce à des jeux de cartes ; ils ont également découvert les principaux défis environnementaux sur les territoires et les impacts attendus du changement climatique à travers le jeu « SOS Planète Terre en danger ». Les outils et ressources d’animation sont disponible sur le site La nature en jeux.

Nous pouvons également citer le serious game que la Ville de Clermont-Ferrand élaboré avec Politeia Conseil. Ce jeu permet de vivre l’expérience des citoyens qui ont évalué les actions la ville dans le cadre de l’Observatoire citoyen des Transitions. Il retrace les différentes étapes par lesquelles sont passés le panel et invite à se questionner sur les intérêts et les limites de l’évaluation citoyenne.

Si le jeu est un moyen de faire participer, il peut avoir aussi pour thématique d’acculturer à la participation citoyenne Une manière participative d’introduire à la participation en d’autres mots. 


Dans un jeu de rôle, les participant·es dans un environnement fictif, où ils sont placé en situation d’acteur·rices de décisions. Ils doivent évoluer dans cet environnement en faisant des choix, souvent sur un temps court, afin de décentrer les points de vue et faciliter la décisions.

 » Il implique plusieurs parties prenantes aux intérêts et représentations différents, interdépendantes par rapport à la décision à prendre et engagées dans des échanges afin de tenter de trouver ensemble (négociation) une décision qui prenne en compte tous les intérêts et représentations en présence ou de soumettre au décideur final (concertation) des propositions qui intègrent les principaux intérêts et représentations en présence. » (De Carlo, 2013)

La théorie des jeux dans la psychologie expérimentale (Lewicki, 2000) veut que le jeu permet aux participant·es l’acquisition de qualités de négociation. Cette négociation s’opère entre les joueur·ses quand un·e d’entre eux procède à influencer le comportement des autres pour qu’ils adapte celui que l’on a. De cette manière, il valorise les échanges, met en exergue des points de tension, incite à la réflexion collective et à la proposition d’idée.

Plus le jeu est contextualisé, plus il s’éloigne du jeu de rôle pour devenir une simulation. Si elle s’appuie sur l’experience directe, elle s’éloigne du côté ludique, devenant plus complexes et se jouant sur un temps plus long.

Eclectic Experience a conçu un jeu de rôles pour l’équipe du Débat public projet d’accélérateur de particules (CERN, RTE).  Les éudiants imaginent animer une émission en direct où chacun·e se met dans la peau d’une partie prenante du projet pour débattre de ses enjeux. Ce jeu de rôle a pour objectif de permettre aux jeunes de s’approprier ce projet technique et ses défis.

Développé par Les Robins des Villes, Démocracité est un jeu de rôle compétitif qui permet d’aborder différents modes de prise de décision et développer un regard critique à leur égard. Au sein de la commune fictive de Démocracité, utilisez différentes formes de décisions collectives pour mener plusieurs débats sur la transformation de son territoire.

Dans Déb’Acteur, les participants assistent à une assemblée fictive où ils sont répartis en groupes selon un courant idéologique attribué aléatoirement, dont il vont défendre la une position. En se mettant dans la peau d’un·e député·e le temps d’un instant, ce jeu immersif fait vivre aux participant·es une expérience démocratique en les faisant devenir acteur·ices du débat.


Les jeux créés par les collectivités

Les collectivités font aussi preuve de créativité pour créer des jeux dans le but de sensibiliser des publics à un élément ayant trait aux collectivités territoriales. En interne, l’utilisation du jeu peut servir à former des publics décisionnaires non experts – principalement des élu·es donc – à leur compréhension des enjeux en lien avec des politiques publiques.

La Mission Participation Citoyenne et Concertation de la Mairie de Toulouse a conçu le Jeu de l’Oie Citoyen (JOC). Il s’agit d’un jeu pédagogique et collaboratif qui permet de sensibiliser à la participation citoyenne en abordant de manière ludique les grandes notions d’engagement

La Ville de Grenoble a élaboré un jeu autour du budget de la ville, qui permet d’acquérir une compréhension fine et empathique des contraintes de l’action publique. Les participant·es ressortent avec une vision plus nuancée des décisions municipales, et les élu·es découvrent quelles priorités leurs administrés défendraient.


Ressources supplémentaires

Articles

  • De Carlo, L. (2013). Jeu de rôle. In I. Casillo, R. Barbier, L. Blondiaux, F. Chateauraynaud, J.-M. Fourniau, R. Lefebvre, C. Neveu, & D. Salles (Éds.), Dictionnaire critique et interdisciplinaire de la Participation, DicoPart (1ère édition). GIS Démocratie et Participation.https://www.dicopart.fr/jeu-de-role-2013
  • Fenker, M, Zetlaoui-Léger, J. (2022). Maîtrise d’usage. In G. Petit, L. Blondiaux, I. Casillo, J.-M. Fourniau, G. Gourgues, S. Hayat, R. Lefebvre, S. Rui, S. Wojcik, & J. Zetlaoui-Léger (Éds.), Dictionnaire critique et interdisciplinaire de la Participation, DicoPart (2ème édition). GIS Démocratie et Participation. https://www.dicopart.fr/maitrise-d-usage-2022
  • LEWICKI R.J., 2000, « Teaching Negotiation and Dispute Resolution in Colleges of Business: The State of the Practice and Challenges for the Future », in WHEELER M. (dir.), Teaching Negotiation: Ideas and Innovations, Cambridge, PON Books, p. 169-185. 

A consulter

  • Le site « La ville en jeux » recense de nombreux jeux pédagogiques sur l’architecture, la ville et l’aménagement des territoires : Catalogue – La ville en jeux
  • Site « La nature en jeux » : Nature en jeux