Chantal Jouanno : « La citoyenneté déborde au-delà des institutions »

Ancienne ministre des sports et ancienne sénatrice, Chantal Jouanno est aujourd’hui présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), un organisme qui lutte contre l’opacité en politique et propose régulièrement des modifications législatives permettant de tendre vers une démocratie d’interpellation.

Chantal Jouanno a pu constater deux axes sur lesquels notre société doit travailler :

  • La défiance du citoyen envers les pouvoirs publics, les médias et les syndicats, traduction d’une colère profonde (comme l’a bien montré la crise des gilets jaunes).
  • L’engagement du citoyen au niveau associatif, politique et syndical. L’objectif est de tendre collectivement vers un idéal de société plus inclusif, où les administrés seraient plus intégrés aux décisions publiques.

Le futur sera marqué par une transition lente et forcée – notamment du fait de la crise climatique – mais qui reposera sur de nouvelles bases démocratiques, veut croire Chantal Jouanno, qui prône plus de transparence et des prérogatives plus importantes accordées aux collectivités.

 

Résumé rédigé par Alexis Galli et Yohan Kapongo, bénévoles, pour Démocratie Ouverte

Interview réalisé par Armel Le Coz (Démocratie Ouverte) pour la revue en ligne Usbek et Rica.

Savoir (faire) participer

Cette série de webinaires rediffusée sur YouTube, organisée par Nils Ferrand (Inrae), Emeline Hassenforder (Cirad) et plusieurs chercheurs de la région de Montpellier aborde des questions liées à la participation, sa mise en oeuvre ou son suivi-évaluation, en France et dans d’autres pays.

Assistons-nous au déclin des démocraties ?

Election de Donald Trump, montée en puissance de Viktor Orban, arrivée au pouvoir de Matteo Salvini, puis de Jair Bolsonaro… Sur tous les continents, on voit apparaître des figures aux tendances, et aux discours, autoritaires. Alors est-on en train d’assister au crépuscule des démocraties libérales ? Clément Viktorovitch a posé la question à la philosophe Sandra Laugier, à l’historien Marc Lazar et à l’essayiste David Djaïz.

Emission “Viens voir les docteurs” du 4 janvier 2021.

La participation citoyenne- conférence gesticulée

“On ne va quand même pas leur filer les clefs de la voiture, non” ? Conférence gésticulée de Claire Hofer sur le mensonge et la manipulation de la participation des habitants, sur la politique de la ville et le marketing territorial.

Comprendre et dépasser les réticences en interne à impliquer les citoyens dans la vie publique

Collaboration, transversalité, accompagnement des projets des habitants… pourquoi ça bloque ? Comment s’organiser pour permettre la participation citoyenne dans les territoires ?

Dans ce webinaire, Patrick Norynberg (formateur-Consultant auprès des Collectivités et ancien cadre territorial) et Yann Ombrello (conseillère municipale déléguée à la Démocratie participative d’Orsay) partageront leurs expériences et donneront des conseils pratiques pour maximiser les chances de réussite des projets de participation citoyenne portés par les collectivités.

Webinaire du 5 novembre 2020

La participation citoyenne au travers du projet Transvaal (Bruxelles)

Dans cette émission, nous abordons la participation citoyenne à travers le témoignage de deux organismes de la Région Bruxelles-Capitale : RenovaS qui travaille principalement à l’échelle du quartier dans la commune de Schaerbeek et le Community Land Trust Brussels qui propose l’acquisition de logements à des personnes à bas revenus.

Nous entendrons Nicolas Boroukhoff, Directeur (RenovaS), Thibault Leroy, Coordinateur (Community Land Trust Brussels) et Marie Umetesi (Habitante du projet le Nid et membre participante Archilabs).

Afin d’illustrer cette participation citoyenne, nous avons invité Anna Chiambretto, Chargée de projets immobiliers – Transvaal (Community Land Trust Brussels) – Tine Van Herck, Ir. Architecte et Urbaniste (PTArchitecten) – Florentine Sieux, Architecte (PTArchitecten) – Caroline Kints, Ingénieur gestionnaire de projets (MK Engineering) à venir parler du projet de logements Transvaal sur la commune d’Anderlecht.

Film de 12′ – 1er novembre 2020 – Belgique
Plus d’infos : www.archiurbain.be

La participation citoyenne innovante : la vague délibérative

Replay du premier webinaire du programme numérique de la 4e édition des Rencontres nationales de la participation : “La participation citoyenne innovante : la vague délibérative” – Jeudi 22 octobre 2020. Avec l’intervention de :
– Claudia CHWALISZ, OCDE
– Yves DEJAEGHERE, G1000 Belgique
– Claire MELLIER-WILSON, Facilitatrice & Chercheuse, Center for Climate Change and Social Transformation (Cardiff University)
– Anouch TORANIAN, Adjointe à la Maire de Paris, en charge de la vie associative, de la participation citoyenne et du débat public

Soutenir l’engagement pendant de longues consultations (en dix questions)

Eeplay du deuxième webinaire du programme numérique de la 4e édition des Rencontres nationales de la participation : “Soutenir l’engagement pendant de longues consultations en 10 questions” – Jeudi 22 octobre 2020

Avec l’intervention de :
– Guy GRENIER et Anik POULIOT, Office de consultation publique de Montréal
– Brigitte FARGEVIEILLE, Cheffe du pôle Appui stratégique Développement Durable aux entités, EDF

Imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise – webinaire

Dans une tribune, Bruno Latour, professeur émérite associé au médialab de Sciences Po, philosophe et sociologue, lance un appel à “imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise” pour aller vers une société plus écologique et plus solidaire.

“Si tout est arrêté, tout peut être remis en cause, infléchi, sélectionné, trié, interrompu pour de bon ou au contraire accéléré” ; ce constat nous interpelle non seulement du point de vue de la transition écologique mais aussi du point de vue démocratique. Il propose en complément un questionnaire en 6 questions, nous invitant en tant que citoyen.ne.s à nous interroger sur les activités que nous souhaiterions voir remises ou non en marche après la crise.

Ce webinaire organisé par l’ICPC et animé par Loïc Blondiaux, propose un décryptage de cette proposition de Bruno Latour et une mise en dialogue avec le réseau de la participation.

Quand les citoyens écrivent la loi. La convention citoyenne pour le climat

Les citoyens sont-ils capables de participer à l’élaboration de politiques publiques aussi complexes que la transition écologique, et par quels procédés ? Comprendre le détail de la conception de la convention citoyenne pour le climat et écouter les citoyen·ne·s tiré·e·s au sort permet d’apporter quelques réponses à ces questions.

 

La Vie des idées, 8 mai 2020

Dernières nouvelles de la démocratie participative

Politique! du 15 février 2020 (29′)

Comment réinventer la démocratie ? En incluant les citoyens autrement que par la représentation classique ? Passage en revue des expériences menées actuellement, de la Convention citoyenne pour le climat à la démocratie participative pratiquée à Saillans dans la Drôme.

Renouveler la démocratie en y associant plus étroitement les citoyens : voilà un projet qui, à force d’être répété, semble davantage tenir du mantra que d’une réalité palpable.

Il sera, à n’en pas douter, un des passages obligés des professions de foi pour les prochaines municipales.

Pour autant, des expérimentations existent, qui nous renseignent sur la façon dont peut s’exercer cette démocratie participative.

Depuis le mois d’octobre, 150 personnes planchent, dans le cadre de la Convention citoyenne pour le climat, sur les mesures à prendre pour que la France réduise massivement ses émissions de gaz à effet de serre.

Elles feront connaitre prochainement leurs propositions.

A un autre niveau, local cette fois, et depuis 2014, la commune de Saillans dans la Drôme expérimente la démocratie participative au quotidien.

La majorité municipale est issue d’une liste citoyenne. Saillans est devenue un laboratoire de la façon de renouveler la politique au quotidien.

Quels enseignements tirer de ces expérimentations ? Sont-elles duplicables ?

Le système politique actuel permet-il de les développer ?

Démocratie participative : quels outils ?

C’est à la Cité des sciences et de l’industrie qu’a été organisé ce débat animé par Valérie Urman, journaliste et pilote de dispositifs participatifs, avec Loïc Blondiaux, professeur de science politique à la Sorbonne Paris 1, chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique (CESSP) ; Antoine Brachet, directeur exécutif de Bluenove et co-président de Démocratie Ouverte ; David Prothais, fondateur du cabinet Eclectic Experience, garant de la Commission nationale du débat public ; Léonore de Roquefeuille, présidente de Voxe.
D’innombrables expériences s’emploient, dans nos territoires et à l’échelon national, à associer les citoyens aux décisions qui les concernent, pour élaborer des politiques publiques plus créatives et efficaces. Mais le succès de la mobilisation, la transparence du dialogue, la vérité des contributions, exigent des processus rigoureux : cette « ingénierie de la participation » outille l’impératif démocratique. Le Grand débat national a-t-il renforcé la pratique participative ou l’a-t-il dévoyé ? Que fait-on dire aux Français ?

La démocratie participative, qu’est-ce exactement ?

La démocratie participative est une forme de partage et d’exercice du pouvoir, fondée sur le renforcement de la participation des citoyens à la prise de décision politique. La démocratie participative peut prendre plusieurs formes, mais elle s’est d’abord instaurée sur le terrain de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, avant de s’étendre dans les champs de l’environnement. Découvrez toutes les informations sur ce modèle qui fait beaucoup parler de lui pendant les temps qui courent

Discussion modérée par :
• Audrey Pulvar

Avec :
• Cyril Lage, Cofondateur et CEO, Cap Collectif
▪ Julia Taddei, Présidente Codemos

31 oct. 2019

Chantal Jouanno : “La démocratie participative pour une planète meilleure !”

De cause à effets, le magazine de l’environnement par Aurélie Luneau du 24 août 2019

Notre invitée est du genre énergique, sans détour, à l’écoute et réputée travailleuse. Sans aspirée à devenir une politique, elle s’est retrouvée plume de Nicolas Sarkozy, avant de devenir conseillère pour le développement durable à la présidence de la République et d’être propulsée sur le dossier du « Grenelle de l’environnement ». Loin des courtisaneries et autres intrigues, elle a gravi les échelons, présidée l’Ademe, agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, avant de devenir Secrétaire d’Etat à l’Ecologie en 2009 auprès de Jean-Louis Borloo, ministre d’Etat.

Elle est aujourd’hui présidente de la CNDP, la Commission nationale du Débat public.

La voix est libre avec Chantal  Jouanno et ensemble, nous allons plonger dans son quotidien sur ce terrain de l’environnement, ses préoccupations, ses espoirs, les dossiers qui lui semblent prioritaires face à la demande croissante des citoyens, et nous parlerons bien évidemment de la démocratie participative et du droit des individus à être informés et à prendre part à la vie publique. Le tout « Sans tabou » pour reprendre le titre de votre livre paru en 2011 aux éditions La Martinière.

Budget participatif : l’outil démocratique qui séduit

Grand reportage par Mathieu Laurent et Ilan Malka
Les villes, régions ou départements sont de plus en plus nombreux à adopter le système du budget participatif. Est-il le grand progrès démocratique célébré par les uns… Ou le petit gadget en trompe l’oeil dénoncé par les autres ?

Le système du budget participatif permet à une collectivité d’ouvrir une partie de son budget pour financer des projets conçus par ses administrés. Chaque citoyen a ainsi le pouvoir de proposer des idées (créer une salle de sport, un centre d’accueil pour sans domicile fixe, un bus connecté…) qui sont ensuite soumises au vote des habitants. Les projets retenus sont alors réalisés et financés par la collectivité.

A l’heure où nous écrivons, 150 collectivités, dont 130 villes, ont déjà adopté ce système en France. Elles y consacrent, en moyenne, 5 euros par habitants.

La participation citoyenne

Petite animation de deux minutes présentant les bases de la participation selon le #PAGOF (Programme d’appui aux gouvernements ouverts francophones). Le #PAGOF vise à accompagner les administrations et la société civile (dont les médias) afin d’améliorer la gouvernance ouverte, l’accès à l’information et la participation citoyenne dans la construction et le suivi de l’action publique en Tunisie, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire. Il appuie également d’autres pays d’Afrique francophone.

Initié en 2011 par le président américain Barack Obama, le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO) est une structure multilatérale qui, en 2018, rassemble quelque 80 pays et des centaines d’organisations de la société civile qui agissent en faveur de réformes pour une gouvernance transparente et une participation citoyenne active dans la co-construction de l’action publique. Plus d’infos : https://www.cfi.fr/fr/projet/pagof

Animation de France Médias Monde

Quel bilan pour le grand débat ?

 

Une conférence Politeia

Conférencier : Loïc Blondiaux, Professeur de Science Politique, Université Paris I Panthéon Sorbonne.
Conférence filmée à la Médiathèque Marguerite Duras, Paris, le 23 mars 2019.

Le dialogue territorial en trois questions : des élus parlent de leur expérience

Josette Leroy, Paul Perras et Annick Cressens sont des élus locaux qui ont été impliqués dans des démarches de dialogue territorial. Nous leur avons posé trois questions : le dialogue territorial est-il un gain ou une perte de temps ? Une dépense pour quoi ? Ce qu’on gagne et à quels risques ? Réponses en moins de quatre minutes !

Vidéo produite par l’association Comédie – Concertation, médiation, environnement

Vidéo 3mn 45

La concertation

Des élus et des habitants de la périphérie de Rennes font le bilan de leur pratique de la concertation à propos d’urbanisme : effets et conditions de succès.

AUDIAR. Film (9 mn) à visionner en ligne

A la recherche des voix perdues

En 2017, le vote blanc et nul a battu tous les records dans les urnes.
Plus de 4 millions d’électeurs ont effectué ce type de vote lors du second tour de l’élection présidentielle. Depuis le début des années 1990, l’ampleur de ce phénomène électoral n’a d’ailleurs jamais été démentie.
Non comptabilisés dans les suffrages exprimés, ces « votes sans voix » n’ont pourtant aucun poids dans la balance électorale. Comment expliquer que des citoyens, de plus en plus nombreux, en usent ? Que se cache-t-il réellement derrière toutes ces « voix perdues » ?
Fruit d’une recherche sociologique de cinq ans, ce film s’appuie sur le dépouillement de plus de 15 000 bulletins annulés issus des scrutins présidentiels et législatifs de 2007 & 2012 et conservés aux archives départementales de l’Oise. Il repose également sur les témoignages de trois électeurs ayant acceptés de mettre en évidence les conditions sociales et politiques de leur geste : Marie, une régisseuse de court-métrage de 25 ans qui tend vers l’abstentionnisme ; Roland, diacre septuagénaire adepte du vote blanc depuis l’élection de François Mitterrand en 1981 ; et Sonia, infirmière et ancienne militante du PCF qui regrette le temps où la « gauche » suscitait de l’espérance…
Ou, comment le vote blanc et nul en dit long sur le caractère aussi contraignant qu’habilitant de l’acte de vote, de l’action politique voire de la démocratie représentative…

Film-documentaire issu de la thèse sur le vote blanc et nul de Jérémie Moualek, docteur en sociologie politique à l’Université Paris-Saclay.

 

Alcaldessa

Une année dans la vie d’Ada Colau à Barcelone, depuis son combat contre les expulsions jusqu’à son élection au poste de maire de la ville. Aux sources de cette chronique intime, le journal vidéo tenu par la protagoniste elle-même ainsi qu’un accès privilégié à une nouvelle plateforme citoyenne. Le film illustre les changements politiques qui secouent le sud de l’Europe et le conflit intérieur d’une femme craignant de devenir ce qu’elle a si souvent combattu.

France, Espagne | 2016 | 85 minutes
Sous-titré en français.

 

Prendre les Communs au sérieux

Emission de France Culture du 21 novembre 2018.

Commençons par définir une notion un peu floue : qu’entend-on par Communs ? S’agit-il des ressources partagées et gouvernées par des communautés, des initiatives citoyennes, des reprises de biens « capturés » par le marché, remis à disposition pour la collectivité, des modes de vie ? « Jouir sans posséder », une autre définition. Mais pas d’angélisme, il est question d’un modèle économique et social qui ne saurait se passer de l’action publique pour réussir. Nous en parlons avec Benjamin Coriat, professeur émérite de sciences économiques à l’Université Paris XIII.

Il y avait une sortie possible par le haut, à Notre-Dame-des-Landes, qui aurait permis de confirmer Notre-Dame-des-Landes comme un Commun (…) : l’État n’avait plus qu’à céder à titre emphytéotique (…) les terres qu’il avait acquises (…), au lieu de les privatiser, (…) et on aurait pu voir convivre à la fois des petits paysans propriétaires et ces nouveaux arrivants qui avaient des projets de culture biologique, de production artisanale. L’université de Nantes était prête à faire un observatoire de la biodiversité, etc. (Benjamin Coriat)

Certains considèrent que le Commun a vocation à être quelque chose “en plus”, et donc à être basé sur de la gratuité, du don, etc. Je ne partage pas ce point de vue. Je pense que c’est beaucoup trop important (…) pour que ce soit entre les mains de personnes dont ce serait le hobby : il faut que l’on puisse vivre de cette activité-là. (Benjamin Coriat)

Il faudra aller vers l’extension des Communs de dimension locale et la refondation du service public sur la base du Commun. (…) On ne pourra pas faire une société du Commun sans que les agents publics ne soient les commis du peuple, plutôt que l’inverse ! (Benjamin Coriat)