Pour une nouvelle dynamique démocratique à partir des territoires : la démocratie implicative

Rapport d’information de Mme Françoise GATEL et M. Jean-Michel HOULLEGATTE, fait au nom de la délégation aux collectivités territoriales et de la Décentralisation
n° 520 (2021-2022)

Comment rétablir le lien de confiance entre les Français et leurs représentants, à commencer par leurs élus au niveau local ? Par quels moyens remédier au désintérêt croissant, chez certains de nos concitoyens, pour la chose publique et l’intérêt général ? Plus largement, comment redonner du sens au débat public et l’ancrer au plus proche des habitants, riverains, responsables associatifs… afin de transcender les seuls intérêts particuliers et permettre l’émergence de projets collectifs ? Ces quelques questions résument les interrogations de tout élu local aujourd’hui, dans un contexte de montée de l’abstention lors des élections et de crise de confiance à l’égard du politique. Longtemps cantonnée à la reproduction d’un modèle unique, la démocratie locale s’ouvre désormais à de nouvelles formes d’expression et de manifestation de la volonté générale. Si la démocratie représentative demeure la pierre angulaire de notre système, on a assisté, au cours de la période récente, à l’émergence d’un autre modèle d’organisation : la démocratie dite participative qui vise à répondre à un besoin d’expression non pleinement satisfait par la démocratie représentative.

Mais une autre variation de la démocratie locale, particulièrement intéressante et porteuse d’avenir, mérite aussi d’être mise en lumière : la démocratie dite implicative. A mi-chemin entre le modèle représentatif et l’orientation participative, cette forme de démocratie réunit le citoyen et ses élus dans une relation de proximité immédiate et les associe dans la recherche de solutions au niveau d’une rue, d’un ensemble d’habitations, d’un quartier, d’une commune… En impliquant l’habitant, l’élu l’amène à (re)devenir un citoyen engagé dans la vie de la Cité.

En version courte :

https://www.senat.fr/notice-rapport/2021/r21-520-notice.html

En version longue :

https://www.senat.fr/rap/r21-520/r21-5201.pdf

L’enquête publique modernisée

Simplifiée et modernisée par la réforme de 2016, l’enquête publique a été dématérialisée; ses délais et coûts ont été réduits. Le commissaire-enquêteur reste le pivot de l’enquête. Il informe le public et garantit la prise en compte de ses observations; il apporte des garanties de transparence et d’impartialité.

Indispensable pour tout projet soumis à évaluation environnementale, l’enquête publique est un véritable dispositif au service de la démocratie participative locale : elle informe le public et lui permet de participer, avant la prise de décision, à l’élaboration de certains projets, plans et programmes susceptibles d’avoir un impact sur l’environnement.

Etat d’urgence sanitaire et droit de la participation

Cette note vise à expliciter les implications de certaines mesures réglementaires prises depuis de début de la période d’urgence sanitaire (24 mars) due à la pandémie de Covid-19. La plupart sont justifiées par la pandémie et valides en principe jusqu’à la fin de l’urgence sanitaire (à quelques jours près, voir les textes). Leurs implications sont présentées ici et sont suivies de commentaires.

Note rédigée par l’ICPC à partir d’analyses fournies par Camille Morio, maîtresse de conférences en droit public,  Sciences Po Saint-Germain-en-Laye ; Raphaele Antona-Traversi, avocate, cabinet Coudray ; Brigitte Chalopin, présidente de la Compagnie nationale des commissaires enquêteurs.

LOI n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté

Dans son article 54, cette loi établit que :

II.-Les politiques publiques en faveur de la jeunesse menées par l’Etat, les régions, les départements, les communes et les collectivités territoriales à statut particulier font l’objet d’un processus annuel de dialogue structuré entre les jeunes, les représentants de la société civile et les pouvoirs publics. Ce débat porte notamment sur l’établissement d’orientations stratégiques et sur l’articulation et la coordination de ces stratégies entre les différents niveaux de collectivités territoriales et l’Etat.

La notion de dialogue structuré a été introduite par l’Union européenne en 2009. A ce sujet, voir aussi :

 

Co-construire les politiques de jeunesse : le chemin laborieux pour ancrer le dialogue structuré dans la réalité. Emmanuelle Bertrand, David Lopez (Cahiers de l’action, 2015) consulter

 

LOI n° 2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine

Cette loi votée en février 2014 doit prendre effet en janvier 2015. Elle précise dans son article 1 qu’elle “s’inscrit dans une démarche de coconstruction avec les habitants, les associations et les acteurs économiques, s’appuyant notamment sur la mise en place de conseils citoyens, selon des modalités définies dans les contrats de ville, et sur la coformation”.

LOI du 27 décembre 2012 relative à la mise en œuvre du principe de participation du public

La loi n° 2012-1460 du 27 décembre 2012 (relative à la mise en œuvre du principe de participation du public défini à l’article 7 de la Charte de l’environnement) définit les conditions et limites dans lesquelles le principe de participation du public, prévu à l’article 7 de la Charte de l’environnement, est applicable aux décisions des autorités de l’Etat, y compris les autorités administratives indépendantes, et de ses établissements publics ayant une incidence sur l’environnement lorsque celles-ci ne sont pas soumises, par les dispositions législatives qui leur sont applicables, à une procédure particulière organisant la participation du public à leur élaboration.

Convention d’Aarhus

Convention internationale sur la participation du public en matière d’environnement ratifiée par la France en 2002